" C'est pas comme si je ne l'avais pas cherché. Le fameux ovale avec ce qu'il pouvait se trouver à l'intérieur. L'alliance d'un corps contenant l'esprit et le c½ur. Une sympathie général. Un feeling sans égal. C'est pas comme si je ne l'avais pas cherché. La pureté de l'âme. La simplicité qui allégerait ma complexité. L'être sans paraître. L'authenticité. L'amour, le vrai. C'est pas comme si je ne l'avais pas cherché... Oui j'ai cherché, j'ai tenté. Il le fallait. Par respect pour lui, pour moi. Par ego aussi. Dieu sait comme il est présent chez moi. Mais au final qu'en est-il resté ? Rien, du vent, nada. Sauf lui. Il fut toujours là. Dans l'inconscient, le conscient, dans toutes les larmes que je versais lors de mes soirées toujours trop arrosées, dans l'odeur de mes draps, dans la ranc½ur de mes discours, dans la froideur de ma voix, dans mes nuits, dans mes jours. Il fut toujours là... Je devais me rendre à l'évidence. Il était la somptueuse mélodie, et je n'étais finalement que la danse. On peut écouter de la musique sans forcement danser. Mais sans battements rythmiques dictant nos pas, pas à pas, je vous demande comment peut-on être en transe ? Non, je ne pouvais plus danser. Le fond sonore était à présent inexistant. Alors j'étais seule en piste, comme figée devant les passants. Avec l'idée irréaliste que tout passe avec le temps. Oui. Avec le temps va, tout s'en va... Mais pas l'amour, bande de troubadours. Je ne suis pas une bohémienne des sentiments, mais exclusive. J'ai pour exclusivité un certain Clément, il est mon seul penchant, mon unique dérive. Mon équilibre surtout. Il s'agit du plus important de ses atouts. Il est beau aussi. Dans la matière charnel tout autant que l'esprit. D'ailleurs je crois que c'est la première chose que je lui ai dite, lors de notre première rencontre. J'avais donc déjà cerné le personnage de conte. Aujourd'hui tout est si clair, si le quotidien semble à présent insupportable, c'est parce que je vis sans lui. Bien sur, j'ai eu des muses, moi aussi. Mais je savais qu'elles ne feraient que passer. Elles viennent pour divertir un temps, amuser, ou combler un manque de je-ne-sais-quoi, elles viennent peut-être avec l'espérance d'arriver à une histoire telle que lui et moi. Mais ne fuyons pas une réalité qui crève les yeux : Nous sommes détestablement amoureux. Qu'est-ce que l'amour ? Aimer sans conditions. Aimer à la perdition. Ceci semble acquis : Aujourd'hui, je me reperds pour lui. Pas besoin de grand écran pour se faire du cinéma. Dans ce film en noir et blanc, il n'y a évidemment que lui et moi. Il me dit que l'amour ce ne sera plus lui... Alors ce n'est pas grave, c'est si peu grave la vie. Il n'y a que soi et son cinéma. Prisonnier du sien, il n'entend plus ma voix. Pourtant, il y a beaucoup plus d'amour dans mon silence qu'il n'y en aura jamais dans tous mes mots. Mais à présent, le projectionniste est épuisé. Nous ne pouvons plus être projeter, il est trop tard. Alors je vais devoir me résigner puisque c'est ephemere que doit rester l'art. C'est donc ainsi que les lumières s'éteignent... Pas besoin de grand écran pour se faire du cinéma... "
Ps. Le cinéma est fait pour moi .
Amanda.